mardi 28 juillet 2009

Encore un peu de métacommunication


Suite des réflexions sur l'avenir de mes boîtes à musique...

D'abord, le switch Music Box de Skynetblogs vers Blogger. J'en suis 100% satisfait. J'imagine que j'ai du perdre quelques lecteurs dans l'aventure, mais je vais continuer à publier des deux côtés pendant quelques articles encore (et finir la migration des 500 articles), avant de définitivement mettre la clé sous le paillasson. Blogger est juste nettement mieux.

Au point que je vais faire la même chose pour Music Box Off. C'était le moins suivi de mes blogs, mais l'article sur Michael Jackson a été fort consulté, ce qui fait que de nouveaux lecteurs sont arrivés (bonjour à ceux qui ne sont pas repartis). Je vais donc continuer dans la même veine, mais là aussi, je vais migrer vers Blogger, tout aussi progressivement (même plus), même si je n'importerai pas tous les posts.

D'ailleurs, je vais entamer dans les prochains jours une suite d'articles qui présentera de manière évidemment subjective le Pukkelpop 2009, auquel j'assisterai. On en reparlera bientôt.

mardi 14 juillet 2009

Jack White et Beastie Boys, un pied dans le futur


Il ne se passe plus une semaine sans que des initiatives novatrices voient le jour en terme de distribution de musique commerciale.

On ne reviendra pas sur ce qui s'est passé ces dernières années, avec l'avènement de Trent Reznor comme pape du Music Business 2.0, mais force est de constater qu'il fait des émules. (Reznor entame actuellement sa reconversion comme gourou du marketing pour groupes débutants, offrant quelques conseils très intelligents sur son forum)

Par contre, je pense que je soulignerai régulièrement les initiatives que je trouve intéressantes, en commençant par ces deux-ci.


Beastie Boys

Dans le business depuis environ 70 ans, ils auraient pu tranquillement suivre un modèle classique. Alors qu'ils vont sortir leur premier album "complet" depuis 1998 (après le pur hip-hop To The 5 Boroughs et l'instrumental The Mix-Up) en septembre, ils sont actuellement en train de remasteriser et de ressortir leurs albums principaux. Ils ont commencé par Paul's Boutique, puis Check Your Head, et maintenant Ill Communication.

La particularite de cette sortie (outre l'excellente remasterisation et 12 bonus tracks), c'est qu'elle est variée, et complète, histoire que tous les goûts et tous les budgets puissent s'y retrouver. Jugez-en plutôt : l'album est disponible en version digitale (mp3 320 kbps, FLAC ou ALAC, pas de merde à la iTunes ici) pour 17 dollars, le double cd pour 20, le double vinyl (180 grammes) pour 26 et l'édition de la mort, triple vinyl dans coffret luxueux de 1500 exemplaire pour 90.

Autre point d'intérêt : à l'achat d'un format physique, le téléchargement est compris, les B-Boys ont compris que la meilleure manière d'éviter le leak d'un album, c'est encore de leur mettre à disposition soi-même.

Pour ajouter encore une couche, ces 4 packages peuvent être agrémentés d'un tshirt exclusif, pour une quinzaine de bucks supplémentaires.

Je suis 100% pour ce genre de distribution, car personne n'est lésé : en ce qui concerne la musique, même celui qui achète la version à 90$ n'a pas un morceau de plus que celui qui n'achète que le download. On a clairement pensé aux fans, à tous les fans, d'abord.

J'espère pour eux qu'ils auront la même surprise que pour le double vinyl de Check Your Head : certains albums comprenaient un 7" de deux morceaux inédits, futurs extraits de Hot Sauce Committee, Volume One.


Jack White

Jack White, des White Stripes, Raconteurs et plus récemment The Dead Weather, a aussi un label et un studio, nommé Third Man.

Il va encore une étape plus loin, en créant une sorte de Fan/Record Club appelé The Vault . Le système est plus complexe, mais voici un résumé.

On peut être membre de deux manières. Soit en payant 7$ par mois (3 mois minimum) pour obtenir un accès aux préventes des artistes Third Man, des streams exclusifs, photos, chats, articles, etc etc. Une sorte de fan club multimédia, en somme.

Mais c'est surtout l'autre formule qui attire l'attention : pour 20 dollars/mois (3 mois minimum aussi), on a tout cela mais en plus un vinyl 12", un 7" et un tshirt exclusif. Exclusif, au sens le plus restrictif du terme : non seulement rien de tout cela ne sera vendu ailleurs, mais en plus les vinyls ne seront pas repressés. Encore plus : l'inscription pour le premier trimestre se clôturera le 21 juillet, et on pressera autant de vinyls que de membres inscrits. Impossible de faire plus exclusif, et la faq du site insiste sur le caractère collectionnable/ebayable des articles.

Je trouve que c'est assez osé comme démarche, et je n'ai pas la moindre idée (eux non plus, apparemment) si ça va marcher. On ne sait pas précisément pourquoi on paie : oui, on pourrait avoir le nouvel album des White Stripes avant tout le monde, mais on pourrait aussi se retrouver avec deux faces B des Raconteurs enregistrées dans le garage de Jack White (en fait, pourquoi pas?).

C'est sans doute pour cela qu'ils ont lâché le morceau sur les premiers disques disponibles : un mix mono inédit (on rappelera que la version vinyl était nettement préférable au cd, très mal masterisé) de Icky Thump des White Stripes, en double 180 grammes et un 7" de deux reprises du Dead Weather.

Reste quand même une question cruciale : 60 dollars (45 euros environ) pour du contenu digital qui sera sans doute disponible ailleurs, une chance de préventes (pour des artistes dont les tickets sont encore accessibles), un vinyl d'un album connu, deux reprises et un tshirt?

Si je pouvais, je pense que je le ferais, que ce ne soit que pour les encourager à nous surprendre. Mais j'aurais quand même préféré quelque chose de plus dingue pour lancer le produit. On en veut toujours trop...

mardi 7 juillet 2009

Le point sur six ans de rockblogging + la suite


version "ai pas le temps de lire bordel"

Music Box : chroniques d'albums récents
RetroMusicBox : chroniques d'albums plus anciens, en hiatus
Music Box Off : essais et blablas
Tumblr : web 2.0 machinchose
Twitter : twitter.


Cela fait presque six ans que j'écris sur le blog Music Box, qui a été lu par un peu moins d'un demi-million de personnes. À l'époque, pas de Facebook, encore moins de Twitter. J'avais choisi Skynetblogs parce que Blogger, à l'époque, était (bizarrement, quand on y pense) moins bien développé. Depuis, j'ai déjà eu envie de changer d'air pour diverses raisons, mais je suis toujours là, probablement par facilité et habitude.

Je me suis souvent posé la question de ce que je ferais si je commençais maintenant. Il est probable que je ferais quelque chose de plus interactif, avec vidéos (en 2003, pas de youtube) et intégration audio (en 2003, pas de blip.fm, de last.fm, de playlist.com, etc etc). Et donc, le temps passa, et je suis resté dans un schéma fort classique de chroniques d'albums récents. J'y ai ajouté en 2006 un blog de chroniques d'albums plus anciens (RetroMusicBox, qui est toujours la victime de mon manque de temps) ainsi qu'un blog (en 2007) pour parler de tout ce que je ne pouvais pas faire dans les deux autres (Music Box Off). Problème, les mises à jour de MBO sont vite devenues sporadiques, et finalement assez peu intéressantes.

Depuis, quelques événements m'ont fait réfléchir. D'abord, l'évolution des moyens d'expression par internet. Un simple exemple : quand j'ai eu l'idée, sur MBO, de proposer un mp3 différent par jour (le projet MDJ) voilà ce que je devais faire pour le publier :

- trouver un morceau que je jugeais digne d'intérêt
- avoir un endroit pour le placer afin qu'il doit disponible à l'écoute : j'ai d'abord utilisé Google Pages, puis mon propre hosting, puis playlist.com
- insérer manuellement dans le post un code html que je devais modifier avec l'adresse du mp3, poster et espérer qu'il n'y ait pas d'erreur de mise en page

Tout cela pouvait prendre facilement 20 minutes, voire plus. Depuis, les choses ont évolué, pas moi.

Ensuite, mon article sur la carrière de Michael Jackson (ou plus précisément mon appréciation subjective de sa carrière) a eu un certain succès, et même si le soufflé est fatalement retombé, MBO compte plus de lecteurs qu'il n'a jamais eu. Mais si je ne l'alimente plus, ou très irrégulièrement, ce petit monde va forcément arrêter de lire, logique.

Deux conclusions :

1) Niveau contenu, je pense commencer une série qui sera mise à jour régulièrement, mais pas fréquemment : l'histoire subjective de certains groupes. J'ai eu pas mal de feedback positif sur l'article MJ, en mettant en évidence le caractère personnel et subjectif. Je continuerai donc à écrire de la sorte, en mélangeant fond historique objectif, opinion personnelle et une dose de mauvaise foi quand même. Je compte commencer avec Blur (j'avais déja commence une récap par album sur RMB, vite devenue très ennuyeuse à écrire), Manic Street Preachers (un groupe passionnant, même quand ils sont mauvais) et Pearl Jam, histoire de coïncider avec leur nouvel album, en septembre. Bien sûr, tout cela peut encore changer, j'ai hélas l'habitude d'annoncer des trucs que je n'ai pas l'occasion de faire.

2) Niveau media, les trois blogs continuent (même si RMB a encore moins de raisons d'être mis à jour, je le garde pour des articles ponctuels, selon mes envies), mais je vais y ajouter un Tumblr. Pour faire court, Tumblr c'est comme un blog, en bien plus facile. Si Tumblr avait existé en 2003, il est très clair que c'est ce que j'aurais commencé à utiliser : pour reprendre l'exemple ci-dessus, pour faire écouter un mp3, il suffit de l'uploader directement via l'interface de tumblr, et voilà. Le lecteur est intégré, le morceau est hébergé chez eux.

Je verrai au fur et à mesure comment utiliser le tumblr, mais il résumera l'ensemble de mes posts (flux rss des trois blogs) + le twitter (surtout des annonces des nouveaux articles) ainsi que plus ou moins n'importe quoi d'autre : des morceaux en écoute, des vidéos youtube (et autres), des news, des photos et des commentaires courts et rapides, les articles plus longs resteront ici. J'ai pu trouver une utilisation parfaite de l'outil hier, en mettant en écoute le nouveau morceau d'Arctic Monkeys, quelques minutes après sa première diffusion sur Radio One UK. Ce sera sans doute un peu bordélique, mais c'est aussi le but : here and now.

Keep on rockin' in a free world, etc etc, et merci de me soutenir et me supporter en lisant mes trucs depuis tant d'années.


samedi 11 avril 2009

Pearl Jam - 1990-1992 (Ten Collectors Edition)



Il y a de ça presque deux ans, j'ai écrit une rétrospective de Pearl Jam en commençant, forcément, par le premier album : Ten. Dans l'article, j'ai mis en évidence une production souvent critiquée. Le groupe lui même s'en est rendu compte, à tel point que presque vingt ans après, l'album ressort en version évidemment spéciale et remasterisée, mais surtout accompagnée d'une toute nouvelle version de Ten, remixée par Brendan O'Brien.

Dans cet article, je ne vais pas revenir sur l'album en tant que tel, mais sur la valeur ajoutée du coffret collector, qui vaut largement qu'on lui dévoue quelques lignes. D'abord, sa composition : l'album original, produit par le très zeitgeist Rick Parashar et remasterisé en 2009 et la nouvelle version, remixée par O'Brien en forment la pierre angulaire. La version que tout le monde connaît ne change pas, même si le son est fatalement plus puissant, triste conséquence de la loudness war. La version O'Brien, par contre, est stupéfiante. On retrouve des guitares dont on ignorait l'existence, le son est plus clair, plus proche de ce que le groupe fait en concert. C'est surtout les morceaux plus lents qui bénéficient le mieux du traitement de BOB : Oceans (sans l'infâme reverb), Garden, Release et évidemment Black sont intenses de pureté et totalement captivantes. Les emblématiques Alive, Even Flow et Jeremy changent moins (même si le final de ce dernier est étonnament modifié) mais c'est surtout Porch qui impressionne par sa force et la rage d'un jeune Eddie Vedder.

La question à 110€ (le prix minimum du box) est la suivante : est-ce pertinent de vouloir réécrire l'histoire? Est-ce une bonne idée de décontextualiser un album qui est, par définition, un produit de son époque? J'imagine que c'est pour ne pas devoir répondre à cette question que les deux versions de l'album sont comprises dans le coffret. Personnellement, je détestais écouter Ten, justement à cause de cette production. Je préfère la nouvelle version, même si on ne peut pas, pour des raisons historiques, la substituer à la première et seule version légitime. Mais ce n'est pas la seule nouveauté, car le "nouveau" Ten (appelé Ten Redux) ajoute six morceaux bonus.

2,000 Mile Blues est, comme son nom le laisse penser, une impro blues en studio, pendant que le guitariste Stone Gossard était chez le dentiste. Anecdotique, mais comprenant un très bon solo de Mike McCready. Evil Little Goat est plus une blague qu'autre chose, un morceau qui aurait sans doute gagné à etre caché quelque part. On retrouve aussi deux versions alternatives de State Of Love And Trust et Breath (de la BO de Singles). Les versions sont assez brutes et primitives, on ne doit donc pas s'attendre à des versions aussi abouties que celles qu'on connaît. Enfin,les deux morceaux restants sont les plus intéressants. Brother et Just A Girl sont deux morceaux mythiques du groupe, ayant été joués en concert au début de leur carrière, mais ne s'étant jamais retrouvé sur disque (sauf la version instru de Brother sur Lost Dogs). Des versions studio pouvaient être trouvées sur le web, mais c'est ici la première fois qu'ils sont disponibles officiellement. Just A Girl est mon préféré, d'ailleurs un de mes morceaux préférés de cette période, alors que Brother m'a étonné, car les paroles ne sont pas les mêmes que les versions connues. De toute façon, ces deux morceaux sont clairement un des points positifs principaux du coffret, mais représentent aussi la porte d'entrée à ce qui est peut-être sa principale critique.

Comme on peut le remarquer, le nom officiel du coffret est "Pearl Jam 1990-1992". Le groupe a aussi annoncé son intention de ressortir chaque album de son catalogue, pour en faire une sorte d'anthologie jusqu'en 2011 et son 20ème anniversaire. Bonne idée, mais le problème, c'est qu'une anthologie, par définition, est censée contenir les meilleurs morceaux. Pour que la boîte soit complète, il eut fallu inclure les faces B, qui sont certes connues, soit via les singles correspondants ou la compile Lost Dogs, mais qui sont absolument cruciaux pour cerner ce qu'était PJ entre 90 et 92. Yellow Ledbetter, pour ne prendre qu'un exemple, est un morceau qui finit traditionnellement les concerts du groupe, et est donc un de leurs morceaux-clés. Forcément, n'importe qui pourrait le graver, ce disque manquant, mais je ne peux m'empêcher de penser que l'occasion était bonne. Tout comme je ne peux m'empêcher de croire qu'il devait bien y avoir autre chose de plus intéressant que deux faux inédits, deux démos et deux morceaux boîteux comme "inédits".

On peut ensuite continuer l'exploration de la boîte, avec les deux mêmes albums (sans les morceaux bonus, pour une question de place) en vinyl 180 grammes. Forcément, il faut avoir le matériel (une bête platine fait déjà la différence), mais quand c'est le cas, les versions cd deviennent superflues : comme c'est souvent le cas avec de bons vinyls, le son est nettement meilleur, sans volume assourdissant. Le marché étant bien plus réduit, pas de loudness war pour le vinyl, qui est donc préférable au cd.

Ce n'est pas fini, loin de là. Le coffret comprend aussi le DVD de la mythique session MTV Unplugged, qui montre un Eddie Vedder compètement habité et surtout la mode de l'époque, sacré Jeff Ament. Je n'ai jamais été un fan de leur Unplugged, parce qu'il est arrivé trop tôt dans leur carrière : ils n'avaient pas encore assez de morceaux qui pouvaient se prêter au concept, contrairement à Nirvana ou Alice in Chains dont l'Unplugged est phénoménal. Il reste toutefois intéressant de le regarder, même si le Rockin' in a Free World final manque à l'appel, probablement pour des raisons légales.

Suit encore un double vinyl (mais avec un code permettant de télécharger les mp3 en 256 kb/s) d'un concert légendaire, "Drop In The Park", à Seattle. Une fois de plus, c'est encore Porch qui vole la vedette, avec une reinterprétation passionnée de Tearing, du Rollins Band. Malheureusement, deux morceaux manquent encore à l'appel (Sonic Reducer et Rockin' In The Free World), de plus, le concert est tronqué par la suppression des interventions parlées du groupe, remplacées par de très vilains fade outs.

On terminera la partie audio/video du box avec une véritable curiosité cette fois véritablement inédite : la reproduction de la cassette comprenant les tous premiers enregistrements d'Eddie Vedder comme chanteur de Pearl Jam. Stone Gossard et Jeff Ament avaient envoyé trois instrumentaux à Vedder, qui a écrit ses paroles et ajouté sa voix sur ce qui allait devenir Alive, Once et Footsteps, trois morceaux connus sous le nom de Momma-Son - ou Mamasan - Trilogy (voir l'article original pour explication). Les trois morceaux sont intéressants, surtout quand on les compare aux versions définitives : Alive est nettement plus lent, Footsteps comprend l'harmonica virée de la version du single de Jeremy mais rajoutée sur Lost Dogs ; quant à Once, c'est la version la plus différente, avec des couplets carrément funk. Note amusante : Pearl Jam n'ayant pas encore de batteur à l'époque, c'est Matt Cameron, alors batteur de Soundgarden, qui joue sur les trois morceaux. Une dizaine d'années après, il allait rejoindre le groupe pour de bon.

On l'aura compris, ce coffret est rempli à ras bord de musique. Mais le côté graphique a aussi été soigné, car on y retrouve des cartes postales, des répliques de ticket de concert, de pass backstage entre autres, mais aussi et surtout un carnet de 80 pages rempli de photos et souvenirs en tout genre.

Malgré les quelques points négatifs relevés ci-dessus, Pearl Jam 1990-1992 est un objet assez extraordinaire, digne témoignage de son époque. Beaucoup de soin et d'efforts ont été fournis pour arriver à un résultat fantastique, qui peut expliquer son prix relativement élevé. Il reste maintenant à voir comment le groupe va suivre ce coffret, vu que la même chose est attendue pour les autres albums, à commencer par Vs. La barre est placée très haut.

mercredi 15 octobre 2008

0,5/10


Ceux qui me lisent depuis longtemps le savent, j'ai toujours hésité entre coter les albums ou ne pas le faire. Les arguments contre sont clairs : coter une oeuvre d'art, c'est évidemment éminemment subjectif, et franchement assez con. 8/10, ça veut dire quoi? Que 80% des morceaux sont bons? Qu'il est meilleur que 80% des albums sortis cette année, cette décénnie, voire de l'histoire? Doit-on comparer l'album aux autres oeuvres du même artiste? Si un album est "bon" mais moins bon que le précédent, doit-il en souffrir pour autant?

En faveur des pour, c'est plus clair : quand j'ai décidé la première fois de suppiimer les cotations, j'ai perdu des lecteurs, et reçu pas mal de mails me demandant de les remettre. Je l'ai fait.

Entre rien et la classique cote sur dix, différents systèmes coexistent, des plus imagés (les étoiles, les "n fois logos") aux plus obscurs (le fameux système décimal de Pitchfork : Joanna Newsom, 9.3 ou 9.4?) en passant par les fantaisistes (les taches de Psychotonique). Mais finalement, ils ont tous le même but, et c'est justement celui-là que je refuse.

Conséquence : je refais marche arrière, et je supprime ce système de cotation, sans doute pour toujours. J'ai trop de fois hésité au moment de mettre la cote, et quand on passe autant de temps à balancer entre 6 et 7, pour finir à 6,5 (peut-être ma cote préférée, et une qui ne veut rien dire), on se fourvoie fatalement.

La compétition est déjà présente partout, de toute façon. Entre le nombre de MTV Awards que Linkin Hotel remportera et qui de Fortis ou Dexia se plantera le plus en bourse, l'art n'y a pas sa place. Et si je dois perdre des lecteurs, ce sera ceux qui ne prennent pas le temps de lire l'article et de comprendre qu'il ne peut se résumer à un bête chiffre. Pour tous ceux-là, les autres canaux ne manquent pas, pour Music Box, on s'arrêtera au texte, avec toutefois une conclusion qui sera (comme actuellement) écrite pour résumer mon point de vue, de manière nettement plus nuancée et prismique qu'une cote ne pourra jamais faire.

dimanche 5 octobre 2008

La pertinence de la critique rock


Un de mes webzines préférés, Drowned In Sound, a publié un article assez intéressant, écrit par Sean Adams, sur la pertinence des critiques négatives d'albums à notre époque. En gros, l'idée est : vu qu'on peut trouver plus ou moins tout, très rapidement et facilement (autant les albums que les critiques s'y rapportant), est-ce que les critiques négatives servent encore à quelque chose, vu qu'il suffit de préécouter l'album sur myspace ou ailleurs, ou de lire les différentes réactions des auditeurs via forums et commentaires de blogs/webzines. L'idée se défend, évidemment, mais pourquoi ne pas pousser la réflexion un peu plus loin : quelle est, s'il en reste, la pertinence d'une critique d'album rock.

Il fut un temps, et pas si éloigné, où les critiques rock pouvaient faire la pluie et le beau temps, faire et défaire des carrières. Un article dans un magazine ou un journal crédible, et les ventes s'envolent, une critique saignante et le split, ou du moins le renouvellement, n'était pas loin. Dans le petit monde de la presse francophone belge, Le Soir et le Télémoustique étaient sans doute les deux organes les plus crédibles, et dans le cas du second, cela faisait carrément partie de sa réputation.

On le sait, les impératifs commerciaux les ont rattrapés : les rapports étroits entre certains journalistes et les services marketing des maisons de disques ont transformé leurs pages en publireportages pathétiques et mal informés : on se souviendra de l'affaire dEUS, et pour plus de détails, on ira lire le blog de Serge Coosemans, qui manque rarement l'occasion d'arroser ce type de personnes.

Ceci dit, dans une époque pré-internet, ma source préférée d'info rock, c'était les magazines gratuits RifRaf et Mofo, qu'on trouvait chez les disquaires et salles de concerts. L'un a disparu, l'autre a assez dégénéré, mais il reste que ces médias étaient directement les précurseurs des webzines : on pouvait y raconter plus ou moins n'importe quoi, tout en était plus ou moins n'importe qui (je le sais, j'y ai participé ;) ) Tendre souvenir humide, j'achetais parfois des cd avec comme seule base un article publié dedans, je n'écoutais que fort rarement la radio. Alors, oui, évidemment, j'ai parfois été déçu, mais souvent ravi de découvrir de nouvelles choses.

Mais maintenant? Last.fm, Myspace, bientôt un gros module musique sur Facebook : il suffit de passer un minimum de temps online pour pouvoir écouter ce qu'on veut (et pas ce qu'on nous propose), et qui a besoin de lire une opinion extérieure, si on peut carrément écouter le disque? Et je ne mentionnerai qu'à peine la voie illégale, permettant d'outrepasser totalement la phase "j'achète? Ou pas?", la remplaçant par une écoute plus attentive et aisée qu'en magasin, avec une conclusion pouvant être similaire (oui, pas mal de "pirates" finissent par acheter l'album).

Bref, le "pouvoir" donné aux critiques rock est maintenant à la disposition de chacun : même les sacro-saintes "copies promo", quand elles existent encore, se retrouvent sur le net en même temps pour tout le monde. Donc, pourquoi continuer à écrire?

On peut trouver plusieurs raisons, au degré de prétention variable. Je prendrai celle-ci : critique rock, c'est comme artiste, ce n'est pas une profession, mais une passion. Elle ne permet pas de vivre? Mais tant mieux : l'indépendance est à ce prix. Il faut continuer à écrire, continuer à alimenter blogs et webzines, commenter et poster, pas nécessairement pour alimenter la polémique, mais pour donner un choix.

Parce que de toute façon, une critique dans un journal n'a jamais forcé personne à acheter un disque. Mais un article quelque part, n'importe ou, pourra toujours pousser quelqu'un à aller voir plus loin. Avant, c'était le disquaire, maintenant ça sera Deezer, Last.fm, Myspace ou (argh) iTunes. Mais l'important, c'est de donner le choix, y compris le choix d'ouvrir la boîte de Pandore et de se faire insulter en commentaires (ou de faire ça ). C'est dans ce rôle d'initiateur de discussion et de secoueur de conscience que le critique rock peut retrouver sa place. Mais ce n'est plus au bar VIP d'un festival d'été.

mercredi 23 avril 2008

Tiens, des nouvelles de Trent


Ce blog ne va pas devenir quasi uniquement dédié aux aventures stéréophoniques de Trent Reznor, mais bon... Hier, ce brave Trent a proposé aux radios un nouveau morceau de Nine Inch Nails, totalement inédit, Discipline. Ce qui est surprenant, vu que le dernier album de NIN date de quelques mois (le fameux Ghosts I-IV), et que c'était son troisième album en quatre ans.

Et ne voilà pas que ce pirate des temps modernes annonce quelque chose pour dans deux semaines, via son blog (nin.com). C'était déjà la même méthode pour Ghosts, donc, va-t-on voir un nouvel album de NIN, en téléchargement gratuit et légal, ou est-ce que Reznor va nous prendre une fois de plus par surprise? Vu le morceau, je parie les 400 mb de l'album en FLAC que ce sera la suite annoncée (mais jamais confirmée) de Year Zero.

On verra dans treize jours, mais en tant que fan de musique et de libertés, je suis impatient. Pour rappel, il a fallu attendre six ans entre The Fragile et With Teeth.